Jesus Video

Andreas Eschbach – Jesus Video

 

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Non loin de Jérusalem, dans une tombe inviolée depuis deux mille ans, une mission d’archéologie exhume le manuel d’utilisation d’une caméra vidéo dont la sortie sur le marché est prévue… dans trois ans.
Un homme muni d’un caméscope aurait-il visité la Palestine du Ier siècle ? Si oui, que sont devenus l’appareil et les enregistrements ? Et, surtout, qu’a-t-on, qui a-t-on filmé ? S’agit-il de la plus redoutable découverte archéologique de tous les temps ou d’un canular de génie ?
En terre de Palestine et d’Israël, sur fond d’expertises scientifiques, de négociations acharnées et de sectes obscurantistes, s’engage une course effrénée où s’affrontent chercheurs, médias avides de sensationnel et services spéciaux du Vatican. Tandis que trois jeunes gens téméraires poursuivent leur quête parallèle et s’approchent pas à pas de révélations que tous ne jugent pas bon de rendre publiques. Ne feront-elles pas vaciller les fondements même de la culture occidentale ?
Un frileur exceptionnel, par l’auteur de Des milliards de tapis de cheveux et de Station solaire.

Sur le thème du voyage dans le temps, l’auteur nous plonge dans un monde fouilles archéologiques, un récit qui rebondit sans cesse en alternant les points de vue des différents personnages. Tout y est réussi je trouve, l’ambiance, les personnages, la narration, et même la fin.
La grande maitrise d’Andreas Eschbach c’est d’inclure des éléments SF dans un roman d’aventures sans jamais que cela devienne confus. Le tout s’intègre bien gentiment dans la narration, et l’auteur nous emmène vers un dénouement parfaitement crédible.
C’est donc le contraire complet du 22/11/63 de King qui sous prétexte d’incorporer de la SF, s’embourbe dans un récit complexe, et la fin devient du grand n’importe quoi. Rien de cela avec Eschbach, le héros de la SF allemande.
Une suite a déjà été publiée en Allemagne, on attend avec impatience la version française.

Tu montreras ma tête au peuple

François-Henri Désérable, Tu montreras ma tête au peuple

Francois-Henri Deserable - Tu montreras ma tete au peuple

 

Paris, pendant la Révolution.
On y croise Charlotte Corday, dans sa cellule, pendant qu’un élève de David achève son portrait ; Adam Lux, un allemand tombé amoureux d’elle dans des circonstances pour le moins inattendues ; les Girondins, la fameuse nuit de leur dernier banquet à la Conciergerie ; Danton, pendant son ultime voyage jusqu’à la place de la Révolution ; le plus grand esprit français du XVIIIe siècle, qui nous apprend comment mourir avec élégance ; mais aussi Marie-Antoinette et Robespierre, le marquis de Lantenac et André Chénier.
Tous, dans les jours, les heures ou les minutes précédant la chute de leur tête dans le panier du bourreau.

 

Un petit recueil de nouvelles qui tournent autour des grandes figures de la Révolution. On sent un auteur passionné par son sujet, Les histoires s’enchaînent dans des styles différents, toujours servis par une écriture soignée. Quelques clins d’œil appuyées aux Onze de Pierre Michon, ou à Quatre-vingt-treize de Victor Hugo, et sûrement d’autres que je n’ai pas forcément remarqué. Moi je trouve le style admirable.
Bon même si ce n’est pas vraiment une lecture progressiste  de la Révolution (c’est pas glorieux pour Robespierre… mais je pardonne car effectivement on ne saura jamais ce qui s’est passé, et puis c’est un roman !), cela reste un des plus brillants livres que j’ai lu sur cette période.

Au pays des souris

Voici un discours prononcé par Tommy Douglas en 1944. Cet homme est un visionnaire, un des premiers dirigeants progressiste qui a eu de grandes responsabilités politiques au Canada (on luit doit en particulier l’assurance maladie 70 ans avant Obama !). Je vous laisse donc méditer sur cette fable qui n’a rien perdu:

C’est l’histoire d’un endroit qui s’appelle Mouseland. Mouseland était un endroit où toutes les petites souris vivaient et jouaient, naissaient et mouraient. Elles y vivaient d’une manière vraiment semblable à notre vie, à vous et moi.

Elles avaient même un Parlement. Et tous les quatre ans, elles avaient des élections. Elles marchaient pour se rendre au bureau de scrutin pour y voter. Certaines se faisaient même conduire au bureau de scrutin. Et ensuite elles se faisaient conduire pour les quatre prochaines années. Tout comme vous et moi. Chaque fois qu’il y avait une journée d’élection, toutes les petites souris se rendaient aux urnes pour choisir un gouvernement. Un gouvernement formé de gros chats noirs bien nourris.

Si vous pensez que c’est étrange qu’une souris élise un gouvernement de chats, vous n’avez qu’à regarder l’histoire du Canada des 90 dernières années et vous verrez peut-être qu’elles ne sont pas plus stupides que nous.

Je n’accuse pas les chats parce que je n’ai rien contre les chats. Ils étaient gentils. Ils gouvernaient avec dignité. Ils adoptaient de bonnes lois – en fait, des lois très bonnes pour les chats. Mais les lois bonnes pour les chats n’étaient pas très bonnes pour les souris. L’une des lois disait que les trous de souris devaient être assez gros pour qu’un chat puisse y glisser la patte. Une autre loi disait que la souris ne pouvait voyager qu’à une certaine vitesse – pour qu’un chat puisse déjeuner sans trop d’effort.

Toutes les lois étaient de bonnes lois. Pour les chats. Mais, elles étaient vraiment dures pour les souris. Et la vie devenait de plus en plus difficile. Le moment est venu lorsque les souris n’en pouvaient plus et elles ont décidé qu’il fallait faire quelque chose à ce sujet. Elles se sont rendues en masse aux bureaux de scrutin. Elles ont voté pour remplacer les chats noirs. Elles ont voté pour les chats blancs.

Les chats blancs avaient fait une campagne incroyable. Ils ont dit : « Tout ce qui est nécessaire pour Mouseland c’est plus de vision. » Ils ont dit : « Le problème de Mouseland est tous ces trous de souris ronds que nous avons. Si vous nous élisez, nous mettrons en place des trous de souris carrés. » Et c’est ce qu’ils ont fait. Les trous de souris carrés étaient deux fois plus gros que les trous de souris ronds et maintenant les chats pouvaient y faire entrer les deux pattes. Et la vie était plus difficile que jamais auparavant.

Et lorsque les souris n’en pouvaient plus à nouveau, elles ont voté contre les chats blancs pour élire les chats noirs à nouveau. Elles sont ensuite revenues aux chats blancs. Puis aux chats noirs. Elles ont même essayé moitié chats noirs et moitié chats blancs. Et elles ont appelé cela une coalition. Elles ont même élu un gouvernement de chats à taches : des chats qui essayaient de faire un bruit ressemblant à celui d’une souris, mais ils mangeaient comme un chat.

Vous voyez, mes amis, le problème n’était pas la couleur du chat. Le problème était qu’ils étaient des chats. Puisqu’ils étaient des chats, ils s’occupaient bien sûr des chats au lieu des souris.

Un jour est apparu une petite souris avec une idée. Mes amis, attention au petit gars avec une idée. Cette souris a dit aux autres souris : « Les copains pourquoi est-ce qu’on continue à élire un gouvernement de chats ? Pourquoi ne pas élire un gouvernement de souris ? » « Oh », ont-elles dit, « il est un bolchevique. Enfermez-le ! » Et ils l’ont mis en prison.

Je tiens à vous rappeler une chose : vous pouvez enfermer une souris ou un homme, mais vous ne pouvez pas emprisonner une idée.

 

Remplacez « bolchevique » par « communiste » et on y est encore !