La Ferme des Animaux

George Orwell – La Ferme des Animaux

Orwell Ferme animaux

Un certain 21 juin eut lieu en Angleterre la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime. Boule de Neige et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement:
“Tout deuxpattes est un ennemi. Tout quatrepattes ou tout volatile, un ami. Nul animal ne portera de vêtements. Nul animal ne dormira dans un lit. Nul animal ne boira d’alcool. Nul animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux.”
Le temps passe. La pluie efface les commandements. L’âne, un cynique, arrive encore à déchiffrer :
“Tous les animaux sont égaux, mais certains le sont plus que d’autres.”

 

 

Certains ont vu dans ce livre une « critique acerbe du communisme ». Soit ils n’ont rien compris au communisme, soit ils n’ont rien compris au livre, l’un n’empêchant pas l’autre. Car il n’est pas question dans ce livre d’idéologie, c’est plutôt une critique du détournement de l’idéologie en faveur d’une oligarchie. Mettons nous d’accord pour dire que c’est une critique du stalinisme plutôt que du communisme.
Et là George Orwell étale tout son talent de conteur, une fable écrite à le perfection, des parallèles qui nous rappellent nos cours d’histoire du lycée, des rebondissements et une fin habilement ficelée. Un régal !

Nauru, l’île dévastée

Luc Folliet – Nauru, l’ile dévastée

Luc Folliet - Nauru, l'ile devastee

Nauru est une île du Pacifique et la plus petite République du monde. Elle fut dans les années 1970-1980, l’un des pays les plus riches du monde grâce à l’extraction intensive du phosphate. Nauru n’est plus qu’un désastre écologique, où règnent le blanchiment d’argent sale et l’instabilité politique. Le taux de diabète est parmi le plus élevé au monde, l’espérance de vie est en chute libre. Nauru est une parabole édifiante qui montre comment le rêve de prospérité peut, en quelques années, virer au cauchemar.

 

 

Et voici un essai pour changer un peu. Comment Nauru est passé d’une petite île de pêcheurs à une îles de multimillionnaires pour des raisons spéculatives sans réelles raisons, puis redevenue une île de pêcheurs endettés pour plusieurs générations… triste destin pour les habitants, avec des enjeux qui les dépassent, et triste transformation pour ce joli atoll devenu une poubelle.

Des fleurs pour Algernon

Daniel Keyes – Des fleurs pour Algernon

 

Daniel Keyes - fleurs pour Algernon

 

Si l’opération réussi bien je montrerai a cète souris d’Algernon que je peux être ossi un télijen quelle et même plus. Et je pourrai mieux lire et ne pas faire de fotes en écrivan et apprendre des tas de choses et être comme les otres.  » Charrie Gordon a 33 ans et l’âge mental d’un enfant de 6 ans. Il voit sa vie bouleversée le jour où, comme la souris Algernon, il subit une opération qui multipliera son Q.I. par 3. Charles va enfin pouvoir réaliser son rêve . devenir intelligent. Au jour le jour, il fait le compte rendu de ses progrès. Mais jusqu’où cette ascension va-t-elle le mener ? « 

 

 

Malgré des premières pages un peu difficiles (et c’est volontaire), le reste du livre est très agréable à lire. Le style est fluide, mais c’est surtout une histoire incroyable : on suit Charlie à travers son journal, sa transformation intellectuelle, puis ses angoisses, ses doutes. Tout un changement psychologique quand on passe d’un QI de 60 à un QI de 200. Une introspection terrible, quand par exemple il se rend compte qu’il était heureux en étant stupide précisément parce qu’il était ignorant (il pensait que ses amis riaient avec lui alors qu’en fait ils riaient de lui). Que faire de toute cette intelligence si c’est pour perdre son bonheur ? Très philosophique comme réflexion…

Mangez-le si vous voulez

Jean Teulé – Mangez-le si vous voulez

Jean Teule - Mangez-le si vous voulez

 

Le mardi 16 août 1870, Alain de Monéys, jeune Périgourdin intelligent et aimable, sort du domicile de ses parents pour se rendre à la foire de Hautefaye, le village voisin.
Il arrive à destination à quatorze heures. Deux heures plus tard, la foule devenue folle l’aura lynché, torturé, brûlé vif et même mangé. Pourquoi une telle horreur est-possible? Comment une foule paisible peut-elle être saisie en quelques minutes par une frénésie aussi barbare?

 

 

Voici une histoire assez barbare, racontée dans tous ses détails. Tout se déroule dans une journée, ce moment inquiétant où des individus deviennent une foule, capable du pire. Et le pire arrive… Et le pire dans tout ça, c’est la mise à mort d’un innocent ? L’acharnement aveugle ? Que personne ne soit intervenu ? Non le pire c’est que c’est une histoire vraie. Vous êtes prévenus, la foule pas sentimentale est capable du pire.

Les Mystères de Paris

Eugène Sue – Les Mystères de Paris

Eugene Sue - Mysteres de Paris

Oui, les Mystères de Paris relèvent du feuilleton, comme La Cousine Bette, comme Splendeurs et misères des courtisanes, chefs-d’œuvre de Balzac, comme tout Dumas et presque tout Sand ; et, comme Hugo dans Les Misérables. Sue donne à son feuilleton une extraordinaire dimension dans le noir. Le mélo est là, assurément. Et colossal, coupant le souffle avec la brutalité en noir et blanc de ses éclairages violents, avec ses héros campés sans ambiguïté dans la noblesse ou dans l’atroce ; avec surtout, puisqu’il s’agit de Paris et de ses mystères, un extraordinaire décor posant la cité moderne comme un personnage épique : ville-foule, ville-château bâtie sur un monde d’entrailles souterraines, caves-caveaux, égouts, couloirs ; ville-cancer qui attire et qui dévore, use, corrompt, ouvrant à la fois toutes les avenues du pouvoir et tous les chemins de la perdition. Le monumental triomphe de ce roman nous confond encore aujourd’hui. Tous les contemporains l’ont lu, dans toutes les classes de la société…

 

La postérité n’aura pas été très juste avec Eugène Sue. Il aura été la super star de son temps, encore plus populaire de Hugo, Balzac ou Zola, mais c’est une littérature populaire, publiée essentiellement en feuilleton dans les journaux. Là où Alexandre Dumas a réussi à marquer sa place dans la littérature populaire en s’imposant comme un génie des romans d’aventure pour les jeunes lecteurs, les œuvres d’Eugène Sue ont vite disparu. Et c’est dommage car le récit est entraînant, le texte facile, l’action toujours présente, la morale toujours sauve. Bref un peu de violence, mais les gentils finissent par l’emporter, même si techniquement la publication en feuilleton a obligé l’auteur à un remplissage assez fréquent. Une autre cause de l’oubli d’Eugène Sue est l’attaque dont il a été victime en publiant son autre gros (encore plus gros) pavé : les Mystères du peuple. Gigantesque fresque qui se déroule depuis les temps immémoriaux jusqu’au 19ème, il a été reçu comme un brûlot car le rôle de l’Église y est beaucoup critiqué. Une fois le livre interdit, son auteur aura vite fait de tomber aux oubliettes de la littérature française, et c’est dommage.

Meurtres pour tuer le temps

Jiro Akagawa – Meurtres pour tuer le temps

 

La famille Jiro Akagawa - Meurtres pour tuer le tempsHayakawa est une drôle de famille. Mais Tachibanagen, le roi du pétrole, se révèle lui aussi un personnage bien mystérieux. Chacun ici a un secret ou un cadavre à cacher, et la seule chose claire, c’est la célèbre collection de diamants qui est l’objet de toutes les convoitises.

 

Nous voici plongé dans un mystérieux roman policier, mais avec une ambiance bon enfant, un peu comme dans un roman de Tom Sharpe. Mais pas dans l’univers burlesque britannique, plutôt à la sauce orientale. Dans cette famille apparemment sans histoires, tous mènent une double vie et ils vont tous se retrouver dans un hôtel sous leur identité cachée. Et là commence une partie de cache-cache entre policiers et voleurs.