Taxi, Take off & Landing

Sebastien Gendron – Taxi, Take off & Landing

 

Sebastien Gendron - Taxi, Take off & Landing

 

Hector Malbarr est un homme moyen en tout, pleutre à souhait, minable dans le maniement des langues étrangères et des armes. Son existence explose dans le VIP Lounge de l’aéroport de Copenhague.
Une bombe, prénommée Angie – une de ces femmes qui n’existe qu’en maillot de bain dans les magazines – vient lui annoncer leur prochain mariage, dans une île paradisiaque et perdue, de l’autre côté du monde. Certes, Hector ne connaît pas cette femme. Certes, il doit se marier bientôt, mais pas avec celle-là.
A bien y regarder… entre sa promise et la nouvelle, il y a une bonne vingtaine de kilos de différence, un doux parfum d’interdit et l’assurance quasi certaine d’une aventure érotique à se démettre un rein. Hector se lève donc, et la suit.

 

Un récit déjanté ou comment M. Tout-le-monde se glisse dans la peau de James Bond sur un malentendu (c’est connu, « sur un malentendu, ça peut marcher »). Mais ce n’est pas juste une histoire loufoque, c’est aussi un style délirant et humoristique.

Des milliards de tapis de cheveux

Andreas Eschbach – Des milliards de tapis de cheveux
Andreas Eschbach - milliards de tapis de cheveux

Une pure merveille, encore signée Andreas Eschbach. Vous allez suivre une sorte d’enquêteur qui se demande pourquoi sur une planète assez éloignée les gens fabriquent des tapis de cheveux. Pourquoi et surtout pour qui ? Et depuis quand ?
L’auteur nous plonge ici dans un univers SF très crédible sur une planète lointaine et  étrange, c’est dans ce cadre que s’ouvre une enquête policière futuriste qui va vous tenir en haleine jusqu’à l’explication finale, un récit tellement bien organisé qu’on se croirait dans un roman d’Agatha Christie.
Encore une grande réussite pour un auteur qui maitrise les punchs, et qui sait boucler une histoire (c’est la grande différence avec un Christopher Priest par exemple).

 

PS: Je ne vous met pas la 4ème de couv, je trouve qu’elle révèle un peu trop l’intrigue, c’est dommage.

Malevil

Robert Merle – Malevil

Robert Merle - Malevil

 

Une guerre atomique dévaste la planète, et dans la France détruite un groupe de survivants s’organise en communauté sédentaire derrière les remparts d’une forteresse. Le groupe arrivera-t-il à surmonter les dangers qui naissent chaque jour de sa situation, de l’indiscipline de ses membres, de leurs différences idéologiques, et surtout des bandes armées qui convoitent leurs réserves et leur  » nid crénelé  » ?

 

 

Tout d’abord, évitez l’adaptation cinéma de ce roman, le film a beaucoup plus mal vieilli que le livre (qui date quand même de 1972 mais reste parfaitement d’actualité).
Maintenant venons-en à ce roman post-apocalyptique de Robert Merle, un auteur qui ne vient pourtant pas du monde SF, mais plutôt de la littérature générale (et l’histoire de France). On n’aura donc pas de gros détails sur l’origine du cataclysme, mais c’est accessoire, l’important ici c’est la question de la survie. Avec une bonne dose de vie pratique, les rapports des survivants au sein de leur groupe et surtout les relations avec les autres groupes de survivants.
Pour ce petit groupe de paysans, la survie s’organise rapidement, poussé par un chef charismatique. La communauté va travailler fort pour que la survie devienne la vie tout simplement. C’est toute la société qu’il va falloir reconstruire.

Spin

Robert Charles Wilson – Spin

 

Robert Charles Wilson - SpinUne nuit d’octobre, Tyler Dupree, douze ans, et ses deux meilleurs amis, Jason et Diane Lawton, quatorze ans, assistent à la disparition soudaine des étoiles. Bientôt, l’humanité s’aperçoit que la Terre est entourée d’une barrière à l’extérieur de laquelle le temps s’écoule des millions de fois plus vite. La lune a disparu, le soleil est un simulacre, les satellites artificiels sont retombés sur terre. Mais le plus grave, c’est qu’à la vitesse à laquelle vieillit désormais le véritable soleil, l’humanité n’a plus que quelques décennies à vivre…
Qui a emprisonné la terre derrière le Bouclier d’Octobre? Et s’il s’agit d’extraterrestres, pourquoi ont-ils agi ainsi ?

Spin est le roman le plus ambitieux de Robert Charles Wilson à ce jour. Une ambition récompensée en septembre 2006 par le prix Hugo, la plus haute distinction de la science-fiction.

 

Spin est certainement l’un des plus grands chefs d’œuvre de la SF moderne, alors que les éléments SF sont assez discrets finalement. Ce n’est pas un space opera, on serait plus proche de la hard science, à la Greg Egan, avec un soupçon de fantastique.

Donc une membrane recouvre la Terre et vous avez 700 pages pour découvrir pourquoi, comment, que se passe-t-il à l’extérieur, qui a fait ça, etc. tout en suivant la vie des 3 protagonistes.

Et chaque chapitre finit avec une accroche qui vous empêchera de reposer le livre. Mais ce n’est pas seulement le style qui est accrocheur, il y a aussi une incroyable densité d’idées originales dans tous les domaines (politique, médical, astronomique, exploration spatiale, etc.).

Il existe une suite (Axis et Vortex) mais un peu moins enthousiasmante, en tout cas moins impressionnante que ce premier opus.

Jesus Video

Andreas Eschbach – Jesus Video

 

jesus video

 

Non loin de Jérusalem, dans une tombe inviolée depuis deux mille ans, une mission d’archéologie exhume le manuel d’utilisation d’une caméra vidéo dont la sortie sur le marché est prévue… dans trois ans.
Un homme muni d’un caméscope aurait-il visité la Palestine du Ier siècle ? Si oui, que sont devenus l’appareil et les enregistrements ? Et, surtout, qu’a-t-on, qui a-t-on filmé ? S’agit-il de la plus redoutable découverte archéologique de tous les temps ou d’un canular de génie ?
En terre de Palestine et d’Israël, sur fond d’expertises scientifiques, de négociations acharnées et de sectes obscurantistes, s’engage une course effrénée où s’affrontent chercheurs, médias avides de sensationnel et services spéciaux du Vatican. Tandis que trois jeunes gens téméraires poursuivent leur quête parallèle et s’approchent pas à pas de révélations que tous ne jugent pas bon de rendre publiques. Ne feront-elles pas vaciller les fondements même de la culture occidentale ?
Un frileur exceptionnel, par l’auteur de Des milliards de tapis de cheveux et de Station solaire.

Sur le thème du voyage dans le temps, l’auteur nous plonge dans un monde fouilles archéologiques, un récit qui rebondit sans cesse en alternant les points de vue des différents personnages. Tout y est réussi je trouve, l’ambiance, les personnages, la narration, et même la fin.
La grande maitrise d’Andreas Eschbach c’est d’inclure des éléments SF dans un roman d’aventures sans jamais que cela devienne confus. Le tout s’intègre bien gentiment dans la narration, et l’auteur nous emmène vers un dénouement parfaitement crédible.
C’est donc le contraire complet du 22/11/63 de King qui sous prétexte d’incorporer de la SF, s’embourbe dans un récit complexe, et la fin devient du grand n’importe quoi. Rien de cela avec Eschbach, le héros de la SF allemande.
Une suite a déjà été publiée en Allemagne, on attend avec impatience la version française.

Tu montreras ma tête au peuple

François-Henri Désérable, Tu montreras ma tête au peuple

Francois-Henri Deserable - Tu montreras ma tete au peuple

 

Paris, pendant la Révolution.
On y croise Charlotte Corday, dans sa cellule, pendant qu’un élève de David achève son portrait ; Adam Lux, un allemand tombé amoureux d’elle dans des circonstances pour le moins inattendues ; les Girondins, la fameuse nuit de leur dernier banquet à la Conciergerie ; Danton, pendant son ultime voyage jusqu’à la place de la Révolution ; le plus grand esprit français du XVIIIe siècle, qui nous apprend comment mourir avec élégance ; mais aussi Marie-Antoinette et Robespierre, le marquis de Lantenac et André Chénier.
Tous, dans les jours, les heures ou les minutes précédant la chute de leur tête dans le panier du bourreau.

 

Un petit recueil de nouvelles qui tournent autour des grandes figures de la Révolution. On sent un auteur passionné par son sujet, Les histoires s’enchaînent dans des styles différents, toujours servis par une écriture soignée. Quelques clins d’œil appuyées aux Onze de Pierre Michon, ou à Quatre-vingt-treize de Victor Hugo, et sûrement d’autres que je n’ai pas forcément remarqué. Moi je trouve le style admirable.
Bon même si ce n’est pas vraiment une lecture progressiste  de la Révolution (c’est pas glorieux pour Robespierre… mais je pardonne car effectivement on ne saura jamais ce qui s’est passé, et puis c’est un roman !), cela reste un des plus brillants livres que j’ai lu sur cette période.